• clairemontabone

Comment supporter sa (belle) famille durant les fêtes ?

Dernière mise à jour : janv. 21

A l'approche des fêtes, beaucoup de personnes me partagent leur désarroi devant cette énième fête de famille qui les attend. Ils souhaiteraient qu'elle soit joyeuse, insouciante, chaleureuse, apaisante... Malheureusement ils savent déjà que ces fêtes de fin d'année vont raviver des tensions familiales, montrer un peu plus les désaccords et peut-être pire : être encore une fois un moment de tension extrême ou de solitude assurée.

Que faire quand on doit "supporter" sa famille ou sa belle famille durant les fêtes et qu'on a envie de s'en sortir indemne ?




J'imagine que ce tableau des fêtes vous parle. Peut-être ne le vivez-vous pas vous-même et tant mieux, peut-être est-ce un proche, un ami qui vous fait part de ses confidences à l'approche de Noël. "Tante machine sera là, ça va encore être l'horreur !". "Je vais revoir mon frère, je n'en ai aucune envie..." etc.

J'imagine que le meilleur conseil que vous avez à donner ressemble à :

- Si tu en as trop marre, éloigne-toi / sors prendre l'air / discute avec quelqu'un que tu aimes bien...

- Tu n'es pas obligé(e) de te coltiner la tante machine ! Après tout, qui t'oblige à lui parler ? Tu peux répondre par oui et par non à ses questions...

Et vous avez raison ! Ce sont de bons conseils. Mais cela ne semble pas redonner confiance à votre relation qui est bien préoccupée par ce qui l'attend. Un peu comme s'il fallait que vous soyez présent vous-même ce jour là et que vous lui donniez la main pour que ces conseils fonctionnent.


Si seulement on pouvait emmener nos meilleurs amis aux réunions familiales...

Ce serait certainement beaucoup plus détendu. Vous vous sentiriez épaulé(e) dans cette "galère", ou tout du moins compris(e) par quelqu'un qui vous connait bien et qui vous regarde avec bienveillance et empathie. Ce serait aussi beaucoup plus facile d'en rire et de se détendre dans ce contexte par toujours heureux. Si vous avez la chance d'avoir un conjoint ou un proche qui joue ce rôle là auprès de vous, béni soit-il !

A défaut de pouvoir emmener physiquement vos meilleurs amis, vous pouvez les emmener mentalement. Ainsi, quand vous vous sentez submergé(e) par trop d'émotions négatives ou que l'ambiance vous pèse, vous pouvez penser à eux et les imaginer avec vous. Ou encore tout simplement le fait de savoir qu'ils pensent à vous et que vous leur raconterez plus tard votre réveillon peut vous servir d'échappatoire et en même temps d'encouragement... si un sentiment de solitude vous habite.

Si c'est seulement l'ambiance qui vous rend morose et créé votre mal-être, rien ne vous empêche d'appeler ce même ami auquel vous pensez, pour échanger quelques mots. En parlant de tout et de rien, vous pourriez ainsi relâcher la pression et un court instant créer un espace extérieur pour vous faire du bien. Sans compter que cela pourrait faire plaisir à cet ami.

Se relier à ceux qu'on aime vraiment est donc une première action qui peut vous aider à survivre aux retrouvailles familiales.


La gestion des relations en question...

"Mais comment voulez-vous que je ne réagisse pas aux provocations qu'il/elle me lance ?!"

Ça y est, vous êtes à table et les hostilités commencent. On vient de vous lancer un pic bien placé. Vous êtes à vif et prêt à dégainer verbalement pour vous faire respecter. Comment faire pour s'en tirer sans dommage ?

Pratiquer la CNV ? Respirer ? Lancer un regard noir et se draper d'une silencieuse dignité ? Pas si facile, surtout à chaud et sans entraînement.

Je ne crois pas trop aux traits de génie qui vous arriveraient d'on ne sait où après un atelier de communication non violente. Je vous livre simplement quelques réparties qui ont le mérite d'être claires sans pour autant attiser le feu.

Face à une attaque, vous avez le choix entre 3 réactions primaires : la fuite, la tétanie (pas de réponse donc on n'envenime pas) et l'attaque en retour. A priori dans ce contexte familial précis, celle qui vous sera moins préjudiciable serait la fuite. Elle n'envenime ni elle ne subit la situation comme se proposent de le faire les deux autres.

Si un conflit éclate, retirez-vous avant qu'il en soit trop tard, en cuisine ou ailleurs. Si on vous lance un reproche ou une raillerie, souriez et éloignez-vous. Vous ne pouvez pas changer l'attitude de la personne qui vous le lance, mais vous pouvez décider de ne pas prendre pour vous ses paroles et de vous protéger.

La fuite vous assure un moindre dommage que si vous tentez de rétablir la justice ou la vérité face à quelqu'un qui n'attend que le conflit ou qui est de mauvaise foi.


S'arranger pour que cela ne dure pas trop longtemps

Qui a dit que les dîners de famille devaient s'éterniser ? Certes, vous ne pouvez pas partir juste après les entrées. Toutefois, vous pouvez écourter lorsque vous sentez que les conversations suivantes ne vous apporteront rien de plus. Partir à temps est une façon de poser sa limite et se respecter. Vous avez le droit de ressentir de la fatigue ou d'avoir besoin de digérer un peu et ainsi de vous retirer paisiblement. Même si cela ne sera pas accueilli d'un bon oeil, votre liberté en vaut le prix. Cela passe pas écourter un séjour dont vous savez qu'il sera pénible pour vous, faire acte de présence sans trop s'engager dans les relations, trouver une bonne excuse pour vous retirer prématurément.

Quand l'obligation d'être présent pèse, cela n'est pas facile de faire un choix inverse. Je vous encourage à vous donner un cap, une limite horaire, avant de venir et de vous y tenir coûte que coûte.


S'autoriser à poser ses conditions

Enfin, réfléchissez en amont : de quoi auriez-vous besoin pour que cela se passe au mieux pour vous ? Dans quelles conditions vous sentiriez-vous suffisamment bien pour pouvoir affronter (profiter de) ces moments de fêtes en famille ? En fonction de vos réponses, osez demander ou vous donner les conditions dont vous avez besoin pour vous sentir bien. Par exemple, éviter la personne que vous n'aimez pas en venant quelques jours après elle, obtenir un logement séparé vous assurant une autonomie par rapport au groupe, changer de chambre ou de place à table etc.

C'est dans la mesure où vous aurez aussi du plaisir à être présent que le négatif ne l'emportera pas. Si vous savez d'ors et déjà que vos conditions ne seront pas remplies, alors, autorisez-vous à ne pas y aller.

Ce dernier conseil est certes le plus difficile à mettre en place parfois. Mais il est salutaire. Si vous savez que vous ne pouvez pas être serein dans ces conditions (du moins un minimum) pourquoi vous obliger à y aller ? Les difficultés attendues en valent-elle le coût ?


Il n'y a pas de famille parfaite. Toutefois cela n'est pas une raison pour subir des liens toxiques qui vous font du mal, alors que vous seriez beaucoup mieux en restant chez vous ou en partageant ces moments avec des personnes seules ou qui vous aiment vraiment. Cela n'est pas de l'égoïsme, c'est du respect de soi.


Je vous souhaite de belles fêtes et de profiter de vos familles autant que possible !





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